Dans la tradition zen, l’alimentation est une voie : Comment en mangeant, comment en préparant à manger peut-on développer une joie, une bienveillance et une intelligence respectueuse de la vie.

Cette tradition du bouddhisme zen s’appuie sur trois principes essentiels :

  • La non-violence, le premier précepte bouddhiste : Aucun produit d’origine animal n’est utilisé dans cette cuisine.
  • L’harmonie, héritée des principes diététiques chinois. Dans une même assiette, les saveurs et les couleurs se répondent les uns les autres et permettent d’apprécier chaque aliment.
  • La simplicité qui fait l’âme japonaise. Nul besoin d’une cuisine complexe et élaborée pour qu’elle soit saine et bonne!

Au Refuge, nous cuisinons et mangeons façon zen. Retrouvez au jour après jour nos recettes (dans le fil des articles).

Un documentaire de Malcom Kratz sur la pratique de Toshio Tanahashi, un célèbre cuisinier japonais.

« Le shōjin ryōri, cuisine végétarienne, introduite au Japon au XIIe siècle, honore les saveurs naturelles. Shōjin est un mot du vocabulaire bouddhique signifiant « s’éloigner des distractions, purifier son corps ». Au fil du temps, cette modeste collation, servie dans les monastères zen, s’est inscrite au rang d’art culinaire. En fonction des saisons et des produits locaux, cette cuisine, suivant le précepte bouddhique de ne tuer aucun animal, met l’accent sur l’harmonieuse combinaison des couleurs mais aussi des goûts et des textures. Elle reflète un dialogue constant entre le corps, les aliments et la nature. La présentation des plats s’apparente à un paysage. « La nourriture doit séduire l’œil comme le ferait une peinture ou une fleur, de même elle doit épandre un parfum qui n’assaille pas l’odorat, mais qui est subtil et difficile à identifier. Si la vue et l’odorat ne sont pas charmés, le mets, aux yeux de tout Japonais qui se respecte, n’est pas bon. Le Japonais n’ingurgite pas un aliment, il se livre à une véritable expérience des sens. Pour cela, il lui faut un haut degré de concentration et toute l’importance de la cérémonie du thé dépend de cette attitude psychologique. »

(Jean-Luc Toula-Breysse, Le Zen, Que sais-je ? PUF, 2008).