Seigaku, À la table zen, Éditions Picquier, 2019, 176 pages, 18,50 euros.

Voilà un livre doux, au goût simple qui nous parle d’une cuisine douce au goût simple, la cuisine zen. La plupart des ouvrages consacrés à cette cuisine, ils sont peu nombreux, qu’ils soient écrits en japonais ou dans une langue occidentale, ne sont que des livres de recettes. Celui-ci a le bonheur de ne pas en être un et de présenter d’une façon fort accessible, cet art culinaire comme une pratique d’éveil, ce qu’il est fondamentalement avant de se décliner en recettes.

L’auteur, Seigaku Higuchi, est un jeune moine de l’école Sōtō au parcours de vie original. Seigaku n’était pas en effet destiné à une carrière de prêtre et il ne dirige pas aujourd’hui de temple au Japon. Jeune homme, il se voyait acteur lorsqu’il découvre la pratique du zen dans l’espoir de parfaire son jeu. Cette voie l’interpelle. À l’âge de 23 ans, il choisit de devenir moine, prend le nom bouddhiste de Seigaku, puis séjourne trois ans au temple d’Eiheiji, le monastère principal de l’école Sōtō au nord du Japon. Il y sera notamment affecté aux cuisines. Déconcerté, il découvre une tout autre façon de manger et de faire à manger, puis finalement l’apprécie comme une chemin de transformation intérieure.

L’ouvrage, délicieusement servi par des illustrations de Kikue Tamura à la manière des mangas, s’articule en trois chapitres, fruits de son expérience. Le premier «Alimentation. Comment prend-on ses repas dans un temple zen», montre qu’au-delà des règles parfois fort complexes qui régissent le repas des moines dans un temple ou un monastère, chaque geste est pensé comme une pratique de la gratitude et de la délicatesse. Chacun reçoit sa nourriture comme une offrande. L’offrande doit évidemment être préparée. Le second chapitre «Cuisine et préparatifs. Les préceptes selon lesquels on prépare le repas» montre tout le soin que les cuisiniers apportent à cet exercice. Enfin, dans le troisième chapitre «Changer ses habitudes alimentaires, changer sa vie», plus personnel encore, Seigaku narre comment cet art de ce nourrir a complètement bouleversé sa vie.

La lecture est un vrai bonheur. Avec des mots simples, Seigaku nous explique que cette pratique de manger et de faire à manger n’est pas réservée à l’atmosphère confinée des temples. Chacun peut l’expérimenter comme un chemin de transformation dans sa propre vie. Le lecteur remerciera les Éditions Picquier pour ses choix de publication, toujours originaux ; celui, plus familier de la pratique du zen, pardonnera à la traductrice quelques erreurs de traduction.

Seigaku vit aujourd’hui à Berlin. Il partage sa pratique de la méditation avec qui veut le rejoindre.

Jiun

Vous pouvez poster vos commentaires ci-dessous ou encore échanger dans le groupe Facebook Cuisine zen dédié à l’apprentissage de la shojine (suivre le lien, une simple inscription suffit).

Crédit photographique : Seigaku Higuchi (DR).