Voici une recette de gruau de riz particulièrement revigorante pour l’hiver, mais que l’on peut également préparer tout au long de l’année. Ce gruau est l’adaptation d’une recette de Kawaguchi Kōhan, un jeune prêtre de l’école Tendai (l’une des plus anciennes traditions bouddhistes au Japon) adepte de la shojine. Le nom évoque Sujātā, la jeune villageoise qui offrit un gruau de riz au lait au Bouddha, son dernier repas avant l’éveil.

Dans sa version, Kōhan utilise du lait de vache (oui, tous les cuisiniers bouddhistes ne sont pas strictement véganes). Je le remplace par du lait de soja. Vous pouvez utiliser des noix, des noisettes et différents fruits secs, raisins, abricots, etc. Le gruau de Sujātā est devenu un classique de nos retraites zen. Il est non seulement fortifiant, mais délicieux à souhait.

Extrêmement affaibli, il conclut que ces pratiques, pas plus que les plaisirs sensuels, ne lui permettront de mettre un terme au cycle des renaissances et cherche une autre voie. Un souvenir lui revient, celui de la cérémonie de creusement du premier sillon, une cérémonie à laquelle son père participait chaque année à la reprise des travaux agricoles. Enfant, Gautama est touché par la fatigue des hommes et des bêtes sous le soleil cuisant, le soc de la charrue qui déchire la terre, les insectes et les vers sortis de terre que des oiseaux s’empressent de dévorer, quand ils ne sont pas simplement tués par la charrue. Bouleversé par ce spectacle, il se retire sous un arbre et se plonge dans une méditation qui le mène bientôt à un profond recueillement. Ce souvenir précis le met sur la voie de la délivrance. Il va méditer sous un arbre banyan.

Une jeune femme d’un village voisin, appelée Sujata va tous les jours avec sa servante prier cet arbre et y faire des offrandes, convaincue qu’un dieu y réside. Elle y a prié pour avoir un bon mari, ce qui fut le cas, puis pour avoir en enfant, et elle eut un petit garçon. Elle se rend donc chaque jour au pied de l’arbre, y faire des offrandes par gratitude. Ce jour-là, elle prépare un bol de riz au lait, à partir du lait de mille vaches, pour en faire offrande à l’arbre. A l’aube, la servante seule se rend sous l’arbre et elle voit un homme assis.     

De retour à la maison, elle en parle à Sujata, qui pense d’abord que le dieu a pris forme humaine. Elle va le voir en emportant l’offrande dans un bol d’or mais elle s’aperçoit que l’homme est émacié, immobile, proche du squelette. Et elle décide de lui offrir la nourriture préparée car elle est peinée de voir sa faiblesse et sa fragilité. Le futur Bouddha s’en nourrit, puis jette le bol d’or dans la rivière ; il s’en sert comme d’une sorte d’auspices : si le bol remonte le courant, il atteindra l’éveil ce soir-là. S’il le descend, il ne l’atteindra pas. Le bol remonte le courant.

Source : L’Arbre de l’éveil.

Ingrédients

Pour 4 portions :
– 160 g de riz rond blanc ;
– 500 ml d’eau ;
– 900 ml de lait de soja ;
– 150 g de fruits secs et de cerneaux de noix ;
– 2 cuillères à café de sucre ;
– sel à discrétion.

À savoir : Les quantités sont systématiquement données en grammes et en millilitres, ou leurs multiples, selon l’usage français. Elles sont fixées en tenant compte d’une certaine modération et d’un repas de la cuisine zen composé de plusieurs plats.

Préparation

Préparez le riz comme pour un gruau ordinaire (voir la recette).

Lavez une première fois le riz en le brassant avec la main, jetez l’eau, répétez l’opération une seconde puis une troisième fois. Égouttez dans une passoire.

Dans une casserole, versez le riz, l’eau et le lait de soja, laissez reposer une vingtaine de minutes.

Allumez le feu, ajoutez le sucre, une pincée de sel et portez à ébullition. Surveillez : le lait de soja, même coupé avec de l’eau, peut déborder.

À l’ébullition, baissez le feu en faisant attention que tous les grains de riz soient bien immergés. Couvrez complètement et laissez cuire à feu doux/moyen sans remuer pendant encore une trentaine de minutes.

Pendant la cuisson, lavez les fruits secs, coupez-les en morceaux, concassez les cerneaux de noix si nécessaire, ajoutez-les quelques minutes avant la fin de la cuisson. Éteignez et gardez à couvert une dizaine de minutes environ.

Vous pouvez poster vos commentaires ci-dessous ou encore échanger dans le groupe Facebook Cuisine zen dédié à l’apprentissage de la shojine (suivre le lien, une simple inscription suffit).